lundi 4 avril 2011

Quand le système de santé vous met des bâtons dans les genoux


Je vous avais promis un post ce soir, le voici.


Nous l’appellerons Mademoiselle.
Elle a trente ans et des poussières.
Voici sa petite histoire (du mieux que je m’en rappelle)
 

Au tout début du mois de septembre 2010, elle s’est déchiré le ligament antérieur croisé dans le genou gauche.
Première visite à l’urgence d’un hôpital régional, alors qu’elle n’arrive plus à marcher.
On lui dit de retourner à l’hôpital à Montréal, d’où elle vient.
Visite à l’urgence à MTL dans un grand centre hospitalier universitaire.
S’ensuivront, au fil des mois, quatre visites auprès de spécialistes (orthopédistes/chirurgiens orthopédistes).



Les premiers examens de Mademoiselle avaient révélé qu’elle devait se faire opérer.
Pourtant, on lui a fait voir un spécialiste qui n’opérait pas.
Puis un qui n’opérait pas par endoscopie (les petites incisions, la caméra, vous voyez le topo…)
Ce n’est que le quatrième spécialiste qu’elle a vu, il y a quelques jours, qui a accepté de l’opérer. Dans un an.

Mademoiselle, du haut de ses trente ans, rage un peu. Ses amis aussi.
Confrontée pour la première fois de sa vie au système de santé, elle en tâte les limites. Chaque spécialiste vu, même s’il savait pertinemment qu’il ne pourrait pas l’opérer, lui a fait passer la même batterie de tests, i.e 4 fois la même chose. Et chaque spécialiste, même si la consultation n’était pas nécessaire, car il savait qu’il ne pourrait rien pour Mademoiselle, a passé la carte d’assurance maladie de cette dernière. Kashing!

Si tout va bien, Mademoiselle sera opérée dans un an. Ce sera donc un an et 7 mois après qu’elle se soit blessée. Elle devra par la suite avoir une convalescence minimale de 3 mois. Ce qui donnera près de deux ans sans pouvoir être active, alors qu’elle est probablement à un moment de sa vie où elle peut contribuer le plus activement qu’il soit à la société.

Mademoiselle a une orthèse. Nous la surnommons affectueusement Robocop. Mais elle ne peut pas vraiment travailler, ni faire de sport, ni voyager. Mademoiselle est handicapée. Handicapée par le système de santé québécois.

Et ça me révolte.

Vous connaissez des histoires semblables? J’aimerais bien les connaître.

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